Entrevues, Franco — July 18, 2016 at 10:00

ENTREVUE: Tire le coyote

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Source: tirelecoyote.com

Source: tirelecoyote.com

Le projet solo de Benoit Pinette, qui se nomme tire le coyote (TLC), nous propose une musique qui allie folk et country. Un mélange qui semble étrange pour certain mais un artiste à découvrir sans faute! j’ai eu la chance de discuter avec lui à quelques jours de son spectacle (qui affiche complet!) aux Francofolies de Montréal.

 

 

CONFRONT: Merci de prendre le temps de répondre à nos questions en ce mercredi matin!

TLC: Ça fait plaisir!

CONFRONT: Comment est-ce-que l’on se sent à quelques jours de son spectacle dans le cadre des Francofolies?

TLC: On se sent très bien! Pas stressé du tout en fait, j’ai juste hâte… Vraiment très hâte. C’est un spectacle que ça fait 1 an et demi qu’on tourne avec et ça a probablement été l’année et demi la plus intense et agréable de ma jeune carrière musicale. Maintenant j’approche plus les shows assez relaxe mais aussi avec une simplicité. J’ai juste hâte de rencontrer le monde, de jouer devant le monde finalement. Je pense ça va être une belle soirée d’autant plus que le spectacle est complet. Je suis très heureux!

CONFRONT: Justement c’est une très bonne chose un spectacle en salle complet au Francofolies!

TLC: C’est juste qui a tellement d’offres de spectacles gratuits que quand t’es programmé en salle, tu te demandes si les gens vont vouloir payer pour venir te voir et je pense que la réponse est oui!

CONFRONT: Je pense que oui aussi! La réponse a été assez positive de la part des gens. En fait ton plus récent album ”Panorama” est sortie en Janvier dernier – Félicitations! L’écriture de cet album a-t‘il été différent des albums précédents?

TLC: Différent non, en fait je pense qu’il y a une évolution dans l’écriture dans la manière d’approcher les chansons. Mais l’espèce d’idée de départ, j’ai une écriture qui est quand même proche – on parle souvent de mélancolie, une certaine approche des sentiments, plutôt. Humaine en fait, moi ce qui m’intéresse c’est les relations humaines: l’émotivité humaine; donc à ce niveau-là, je ne pense pas que ça ait changé mais je pense que j’ai évolué au niveau de l’écriture quand même! J’ai trouvé un peu plus mon style à moi, personnel, ma couleur dans l’écriture et dans la composition des chansons.

CONFRONT: On voit cette évolution avec cet album qui est très bon!

TLC: Et ca continue!

CONFRONT: On te le souhaite! J’imagine que c’est une question que l’on te pose souvent mais le nom ”Tire le coyote” ça sort d’où?

TLC: Au moment, à l’époque, on remonte déjà en 2009 c’était déjà assez ancré dans le Folk. J’aime les racines de la musique Américaine dont le folk, le blues ou le western à travers ça! Ça vient en fait d’un vieux film western de Sergio Leone. Souvent dans les vieux westerns, y va avoir un coyote quelque part. J’ai imaginé le coyote dans le village avec le cowboy qui lui tire dessus. C’est vraiment juste pour imager le style musical!

CONFRONT: C’est une très bellel imagine pour représenter le nom!

TLC: Ça frappe en tout cas!

CONFRONT: C’est le cas de le dire!

TLC: En fait, je me souviens que même mon premier EP avait une certaine lenteur dans les chansons. Y’avais une lenteur qui m’a donné le gout d’aller vers un nom qui contraste avec le tout. Je me souviens d’avoir eu cette réflexion la!

CONFRONT : Pour les gens qui n’ont jamais entendue la musique de Tire le coyote, le style de musique Folk-Country est quand même différent de ce que l’on entend des artistes Québécois normalement, tu parles justement d’une inspiration qui provient des films western mais est-ce qu’il y a des artistes francophones qui t’influencent?

TLC : C’est sûr pour moi que l’amour de ce style-là à commencer avec les Bob Dylan, les Neil Young à l’époque du ‘’revival’’ du mouvement folk dans les années 60. J’avais un grand frère plus vieux qui écoutait déjà cette musique-là ! Je me souviens d’avoir eu une espèce de passion qui a débuté au moment que j’ai pris ces disques-là et j’ai vu qu’avec juste une guitare, un harmonica et un texte touchant, on pouvait faire de quoi de grandiose! Ce qui m’a attiré c’est la simplicité, de l’espèce de pureté de ce style musical. Mais c’est évident qu’après j’entendais parler que les Neil Young et Bob Dylan avaient aussi eu des influences donc ça m’a amené à creuser un peu plus dans l’histoire de la musique Américaine. Donc j’en suis venu au premier bluesman, les Robert Johnson des années 20: j’ai découvert les premiers artistes qui ont fait du country et les premiers ‘’songwriter’’ engagés socialement comme Woody Guthrie et ça m’a beaucoup parlé en fait, mais évidemment j’écoute aussi des choses d’aujourd’hui. Mon style musical est plus influencé par la musique anglophone et américaine sauf que d’un autre côté, j’ai un grand amour de la langue française: j’ai étudié en littérature, les mots m’intéressent, la poésie m’intéresse donc c’est sûr que j’ai une approche différente à partir de ce moment-là. Oui, je suis influencé par la musique mais le fait d’écrire en Français lui donne une certaine couleur différente; je suis plus attiré par cette poésie francophone mais Québécoise aussi, par exemple les Desjardins ou bien les Stéphane Lafleur, je trouve ce sont des gens qui écrivent extrêmement bien! J’ai donc essayé de contextualiser cette influence Américaine mais dans une réalité Québécoise. Même à l’époque des années 20-30, on parlait déjà des grands espaces qui est propre au style folk – la nature par exemple, le peuple, le côté ouvrier et le côté engagé de la chose. Justement, je ne vais pas me mettre à parler d’un chercheur de pétrole des années 30 ou 40 ou bien quelqu’un qui travaillait sur les chemins de fer, je veux garder le tout dans un contexte Québécois d’aujourd’hui – c’est en fait ce qui donne du tire le coyote avec une voix un peu étrange et haut perché.

CONFRONT : On voit depuis quelques temps, plusieurs artistes que ce soit francophone ou anglophone donnent dans le style Folk – Pense-tu que ce regain d’amour, des plus jeunes et plus vieux pour ce genre de musique seraient à cause des artistes comme Bob Dylan et Neil Young ?

TLC : Je ne peux pas parler pour les autres mais je peux quand même avoir ma réflexion sur le sujet. Je sais pas pourquoi ici au Québec ou même un peu partout, on trouve plein d’artistes qui nous font vivre un espèce de ‘’revival’’ folk; j’ai l’impression à un moment donné qui a une roue qui tourne culturellement, plus on s’éloigne des origines, des bases même ou des racines musicales qui nous ont forgés plus un moment, on a un besoin de revenir à nouveau au base! Par exemple, si on prend une guitare acoustique, un piano ou un harmonica – Il y a quelques choses qui ne se démodera pas dans ça. Ça toujours été là donc un moment donnés, on peut ‘’tripper’’ avec d’autres sons de synthétiseur ‘’weird’’ des années 80 ou des sons de piano électrique, mais si tu peux t’éloigner– et c’est correct d’expérimenter– cependant je pense qu’y a un besoin de revenir à la base et de voir c’est quoi une chanson au-delà des arrangements électro ou peu importe que l’on peut avoir – c’est quoi une vrai chanson. Je pense qu’il a eu ce besoin-là à un moment: l’espèce de roue qui tourne, le besoin de revenir à la base.

CONFRONT : On découvre beaucoup d’artistes pendant des évènements comme les Francofolies, en quoi est-ce important dans le milieu de la musique d’avoir une tribune comme cela ?

TLC : Justement, je pense que côté visibilité – évidement quand tu commences dans le milieu, tu cherches un peu à te retrouver dans des évènements important comme les Francofolies. Ça peut être aussi niaiseux que d’avoir besoin d’un certain dossier de presse, tu cherches la visibilité donc avoir un dossier qui va se monter que tu as joué dans des évènements important! Autant pour les Francos qu’il peut y avoir des gros noms qui vont faire la grande scène – ils ont aussi le talent d’aller chercher des artistes pour les plus petites scènes qui vont leur donner une espèce de première chance de se retrouver devant un public plus grand – devant plus de spectateurs. Je me trouve vraiment chanceux, en fait j’ai trois albums et honnêtement ça doit faire la 7ieme ou 8ieme fois que je joue aux Francofolies. C’est drôle parce que j’ai commencé avec la petite scène à 17h au Pub urbain dans le temps où que tout le monde jase mais l’année d’après, je me retrouvais sur une plus grande scène – j’étais à l’Astral en plateau double pis maintenant je me trouve au Gesû en tête d’affiche, chose que je ne pensais jamais faire. Il y a une espèce d’évolution et je pense que les Francos c’est aussi une équipe qui continue à suivre ta carrière et qui voit l’évolution du projet – qui comprennent que tu es prêt pour telle scène. C’est une belle grosse famille!

CONFRONT : Dumas expliquait justement hier qu’il ne s’agissait pas de sa première fois au Francos: l’an dernier en salle et quelques années auparavant c’était sur une plus petite scène. Donc justement, on voit justement l’évolution des artistes ! On est déjà à la mi-Francofolies, est-ce qu’il y a un artiste que tu aurais aimés voir ou bien que tu vas voir dans les dernières journées ?

TLC : J’arrive de deux semaines en Suisse et en Nouvelles-Écosse donc j’arrive les Francos commence en fait pour moi cette semaine. Je dois t’avouer que je n’ai même pas vraiment pu regarder ou chercher quels artistes j’irais voir. Mais j’avais des amis d’un groupe qui s’appelle Mauve, entre autre le bassiste du groupe est aussi mon bassiste donc c’est des gens qui reste à Québec tout comme moi. Pis c’est un band vraiment intéressant, ils n’ont pas beaucoup de shows présentement parce que leur prochain album va sortir à l’automne mais c’est vraiment un band à voir en show. Et ce n’est pas parce que c’est mes amis que je dis ça mais s’il y avait un show que j’aurais voulu voir, celui de Mauve aurait été celui-là!

CONFRONT : Donc en terminant, je pose toujours quelques petites questions en rafale. Est-ce qu’il y a une chanson que tu écoutes sans cesse en ce moment ?

TLC : Je te dirais qu’en ce moment, Andy Shauf, c’est un artiste de la Saskatchewan – Il a sorti son dernier album fin mai, et je dirais qu’on y retrouve un côté folk mais aussi pop des années 60, un peu à la Beatles ou Eliott Smith. Et la première chanson de l’album s’appelle ‘’The Magician’’ qui est vraiment écœurante, je peux l’écouter sans cesse ces temps-ci.

CONFRONT : Parfait! Est-ce que tu as un endroit de prédilection pour faire l’écriture ou la composition de tes chansons ?

TLC : Ça me prend une tranquillité, mais c’est sûr que j’écris des tounes en ville chez moi avec les bruits d’auto et tout. Mais mettons que ce n’est pas l’endroit idéal, j’ai des amis qui reste dans Charlevoix à l’Isle-aux-Coudres donc cet endroit-là est vraiment inspirant et j’y vais quand même souvent donc mettons c’est l’endroit de prédilection pour l’écriture d’album!

CONFRONT : Puis en terminant est-ce-que tu avais un message pour les gens qui ne connaissent pas tire le coyote, une espèce d’invitation au spectacle ?

TLC : Malheureusement le spectacle est complet – mais sinon je suis vraiment un mauvais vendeur de moi-même. Cependant on dit que c’est un spectacle à voir car l’on passe par toutes les gammes d’émotions donc y a le côté vraiment acoustique, tranquille mais y a une partie du spectacle qu’on appuie un peu plus sur la pédale et ça vire plus rock. On dit que j’ai des histoires assez touchantes que mes textes sont à écouter.

CONFRONT : Merci beaucoup de ton temps !

TLC : Aucun problème! Merci à toi!

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